Pro Bono : ce qu’en disent les associations

Les associations recherchent les collaborations avec les entreprises

En février 2018, Three Hands a publié les résultats de l’enquête réalisée auprès de 181 associations en Angleterre. L’objectif de cette étude : comprendre comment les associations vivent les projets Pro Bono avec les entreprises (volontariat d’entreprises et mécénat de compétences). We Are Heroes vous propose le résumé de cette étude.

Les associations ont besoin des entreprises. La majorité des organisations interrogées cherchent à développer les relations avec le secteur privé de manière plus intensive. Malheureusement, les deux mondes ne comprennent pas leur réalité respective. Là où les entreprises favorisent le volontariat, les associations plébiscitent le mécénat de compétences. Là où les entreprises pensent apporter de l’aide, elles génèrent parfois un coût et une charge pour l’association… L’étude de Three Hands lève le voile sur ce qui ressemble parfois à un dialogue de sourds.

Incompréhension entre entreprises et associations.

Les associations désirent des volontaires compétents qui mettent leurs expertises aux services de leur organisations. Pourtant les entreprises optent plus souvent pour du volontariat d’entreprise, c’est-à-dire des actions d’aide qui ne mettent pas en jeu les compétences de leurs employés.

Les associations ont besoin d’un soutien sur du long terme tandis que les entreprises optent pour un soutien concentré sur une journée.

Les besoins Pro Bono des associations

Les associations ont un besoin croissant de soutien Pro Bono. Malheureusement, trop peu d’entreprises ont développé cette démarche. En l’occurrence, les associations anglaises reçoivent moins de soutien des entreprises en 2017 comparativement à 2015. Les organisations les plus défavorisées se situent en milieu rurale. Elles reçoivent jusque trois fois moins d’aide que leur homologue en centre urbain. Il est vraisemblable que les associations belges se trouvent face à la même réalité.

Les associations veulent être écoutées par les entreprisesLes associations cherchent un soutien à long-terme de la part des entreprises – Copyright: Headway – Unsplash

Pourquoi les associations plébiscitent le Pro Bono ?

3 grandes motivations sous-tendent le rapprochement avec le secteur marchand :

  1. Initier des relations à plus long-terme avec les entreprises ;
  2. Bénéficier des compétences et de l’expertise du secteur marchand pour développer leur organisation ;
  3. Permettre aux bénéficiaires de l’asbl de profiter des compétences et de l’expertise du secteur marchand.

Grâce au mécénat de compétences, les asbls peuvent initier des projets pour lesquels elles manquent d’expertise ou des projets de plus grande ampleur avec un budget limité.

Le mécénat de compétences permet d’élargir le champ de vision des organisations qui sont trop concentrées sur leur mission. Ce type de Pro Bono leur permet aussi de remettre en question leurs modes de fonctionnement ou de créer de nouvelles opportunités.

Pour les associations, le Pro Bono est une bonne porte d’entrée pour créer des relations à plus long terme avec les entreprises. Dans certains cas, les associations acceptent des volontaires d’entreprises même si elles n’en ont pas exactement besoin afin de préserver ce lien.

Pourtant, les associations devraient accepter le volontariat d’entreprise uniquement pour des projets ou l’investissement en vaut la peine.

Les associations ne veulent plus du Pro Bono ?

Certaines associations déclarent ne pas ou ne plus vouloir faire appel aux entreprises. Les raisons principales sont :

  • Elles n’en ont pas besoin,
  • L’offre de l’entreprise ne correspond pas à leur besoin,
  • Elles n’ont pas le personnel pour encadrer cette collaboration
  • L’entreprise n’est pas disponible pour couvrir les coûts liés à sa présence.

Deux mondes qui ne se rencontrent pas…

Déjà en 2015, Three Hands mettait en évidence une inadéquation entre l’offre des entreprises et le besoin des associations.

D’un côté, les associations recherchent en priorité des fonds et des compétences.
Tandis que 50% des associations déclarent rechercher du soutien financier et de l’expertise moins de 25% reçoit ce type d’aide.

Le partage de compétences est le 2ème besoin le plus important !

A l’autre extrême, seule une association sur trois a besoin de volontariat d’entreprise pur (sans compétence spécifique) mais 1 sur deux reçoit ce type d’offre.

Si les entreprises veulent approcher le secteur non-marchand, elles doivent orienter leur démarche en priorité vers :

  • Le fundraising. Les associations ont besoin de financement. C’est leur besoin de base.
  • Le partage de compétences comme du coaching.
  • Les missions de mécénat de compétences.
  • La participation active au comité d’administration
    Ce que les associations demandent et reçoiventLe décalage est réel entre les besoins de l’association et les propositions des entreprises – Copyright: 3Hands

Ce que veulent les associations

Les associations cherchent des collaborations sur le long terme avec les entreprises plutôt que du volontariat concentré sur un jour.
Les associations recherchent des experts qui peuvent consacrer du temps sur la durée pour les aider à développer un projet spécifique.

Le coût du volontariat d’entreprise

Accueillir des volontaires le temps d’une journée a un coût pour les associations. Souvent en manque d’effectifs, la création du projet et l’encadrement du groupe demande du temps qui est pris sur les activités principales de l’association.

Ce coût non négligeable est contrebalancé par le bénéfice de cette journée solidaire dans l’organisation. Ce bénéfice sera d’autant plus grand que l’association est petite. Pourtant, les associations ont le sentiment que les entreprises sous estiment ou ne perçoivent pas le coût des journées de volontariat pour leur structure.

En Angleterre, 1 association sur 5 fait payer les entreprises pour accueillir les volontaires et cette tendance est à la hausse. A minima, l’entreprise devrait payer pour les frais tels que les repas, les  boissons, le matériel, la formation dispensée par l’association.

L’indice confiance entre associations et entreprises

Bien que la compréhension entre les deux mondes marchands et non-marchands progresse, la confiance vis-à-vis des entreprises n’est pas encore florissante au sein des associations. Seul un tiers des associations a le sentiment que l’entreprise est centrée sur les besoins de l’asbl lors de leur action pro Bono. A peine 13% pense que les entreprises ont une approche sincère à leur égard !

Les associations invitent les entreprises à ouvrir un dialogue authentique dans un esprit d’écoute active. L’idée est bien de réfléchir à une approche win-win qui profite tant à l’association qu’au développement interne de l’entreprise

l'indice de confiance associations entreprisesEst-ce que la démarche des entreprises vis-à-vis des associations est sincère? – Copyright: 3Hands

Ce que les entreprises doivent retenir de ce rapport :

  1. Prenez le temps de comprendre la réalité de l’asbl.
  2. Développez des collaborations adaptées au terrain pas à vos préconceptions.
  3. Mettez votre cœur d’expertise en action. C’est là que vous générez le plus grand impact.
  4. Soyez adéquat. Offrez des compétences dont l’association a besoin plutôt que des compétences que vous voulez valoriser
  5. Définissez clairement le champ de votre collaboration, ses limites et ses contraintes

Le rapport de Three Hands est assez explicite sur les besoins des associations. Si votre entreprise désire s’engager et faire une différence, l’écoute, l’ouverture d’esprit et l’authenticité sont incontournables. Plutôt que de répondre en premier lieu à vos enjeux et tensions internes, impliquez vos experts dans des relations à long terme avec les associations qui partagent les mêmes préoccupation que vous.

Vous êtes acteur du secteur associatif belge? Quelle est votre réalité du terrain? Vous retrouvez-vous dans l’exemple anglais?

Télécharger l’enquête de 3Hands

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